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Le jeudi 10 avril 2003.
Économie / France / Environnement / Recherche
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L’entreprise rennaise Idra environnement, spécialisée dans la dépollution des sols et des eaux, va tester dans les prochaines semaines un procédé de traitement de déchets parmi les plus toxiques. Ses trois fondateurs assurent pouvoir venir à bout sans incinération, des résidus de farines animales, lisiers, boues de stations d’épuration et d’amiante. Idra Environnement a acquis l’exclusivité d’un procédé récompensé au concours Lépine de 2001. L’un des fondateurs de la société, Manuel Roussel, explique : "Cette technique permet de stabiliser les déchets et de les ’inerter’ en les enrobant d’une couche de résine". Idra a proposé sa "recette" à la préfète de la région Bretagne. Des tests de validation du procédé doivent démarrer dans les prochaines semaines et pourraient se conclure, selon Manuel Roussel, au mois de septembre prochain. En cas de succès, Idra pourrait offrir une solution inespérée à une société de consommation empêtrée dans la gestion de ses déchets. Lisiers, boues des stations d’épuration, farines animales, amiante, Refium (Résidus d’épuration des fumées d’incinération d’ordures ménagères) et caoutchoucs pourraient être traités, neutralisés et transformés en granulats inoffensifs. Cette solution constituerait une alternative à l’incinération ou au stockage en décharge. Les sauveurs du Croisic A peine trentenaires, Manuel Roussel, Nicolas Proulhac et Fabrice Béraud ont déjà surpris quelques poids lourds des métiers de l’environnement, parmi lesquels Vivendi Environnement ou Bouygues. En mars 2001, ils ont remporté un appel d’offre européen lancé par le ministère de l’Intérieur pour le nettoyage du "traict du Croisic ". Une nappe de pétrole de l’Erika s’était déposée au fond d’un marais maritime (traict), situé à l’entrée du port de pêche de Loire-Atlantique. Cette nappe nécessitait le traitement de quelque 20 000 tonnes de sable. Après 40 jours de travaux, Idra a rejeté en mer un sable et une eau vierges de pollution. Ce succès a permis à l’entreprise d’être réquisitionnée par l’Etat pour mener une mission d’expertise sur la côte Atlantique souillée par le pétrole du pétrolier Prestige. Idra Environnement emploie 8 salariés et annonce un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros pour l’année en cours. Elle développe par ailleurs des activités de traitement de boues et sédiments des ports et rivières, dont la réglementation limite les rejet en mer. Elle envisage de se porter candidate à la mise en oeuvre de grands chantiers, tels celui du désensablement du Mont-Saint-Michel. "Les nettoyeurs comme nous ont de l’avenir, annonce Manuel Roussel. Lorsque nous achevons un chantier de dépollution, les collectivités locales sont satisfaites mais ne font rien pour éviter une réapparition du problème. Or c’est bien aux politiques de faire de la prévention". Le site d’Idra Environnement:
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